En juin dernier (j’ai déjà parlé de mon incapacité à vous raconter un évènement récent ?), l’Homme et moi étions invités au mariage de deux copains de sa promo (un copain et une copine, pour être précis)(je suis pour le mariage gay, mais là c’est pas le sujet).

Aujourd’hui, je m’essaie au récit « minute par minute ». J’espère que ça vous plaira.

 J-1

19 :20    Coup de fil de l’Homme, triomphant : « j’ai acheté mon costume ! »

Anticipation, ce maître mot.

 

J.

7 :00      Le réveil sonne. Nous sommes vendredi, le mariage ayant lieu cet aprem  dans notre région, je n’ai posé qu’une demi-journée.

13 :48    Retour du boulot. Je me fais alpaguer par mes voisins, d’humeur bavarde. Je coupe court en annonçant la triste vérité : je suis de mariage mais je sais pas à quelle heure et où on a rendez-vous. Je suis potentiellement à la bourre pour le plus beau jour de la vie de meilleurs copains de l’Homme.

Anticipation, mes fesses.

13 :54    L’invitation dit : « RDV à 16 à Trou-Paumé-sur-Loin »

                Google map dit : « trajet estimé à 40 minutes »

                L’Homme dit : « on est larges »

13 :55    Rétroplanning mental

13 :56    Conclusion : on est larges.

14 :40    Les lits pour les gens qu’on héberge ce soir sont faits. Je suis douchée/habillée/maquillée. Plus qu’à mettre mon headband, et c’est bon

14 :45    Je regarde un tuto sur youtube pour vérifier si je m’y prends bien.

14 :51    J’hésite à transformer cette saloperie en fronde

15 :05    Victoiiiiiiiiiiiire

15 :06    Prise de conscience : l’Homme est toujours en caleçon. J’émets un doute quant à sa capacité à être prêt en 14 minutes.

15 :19    L’Homme est prêt. Admiration. Je réajuste mon headband.

15 :55    Presque arrivés. La journée s’annonce parfaite : grand ciel bleu, tiédeur idéale et brise légère.

                Les négociations pour savoir qui sera le Sam font rage. Morceau choisi :            

                « Ma chérie, tu peux conduire pour rentrer ce soir ? »

                « Pas de soucis, picole avec tes copains, je gère ».        

                De l’art de la bonne entente au sein du couple.

16 :03    J’ai l’impression de marcher depuis des heures. Le trajet fait 600 m. Note pour plus tard : porter des talons hauts plus souvent ou assumer d’aller à un mariage avec des chaussures plates.

16 :07    Tournée de bisoux aux copains, on prend quelques nouvelles. Une sensation de malaise m’étreint depuis que je suis descendue de voiture. Je cherche d’où ça peut venir, et réajuste mon headband.

16 :08    Quand on est aussi peu physionomiste que moi, le truc pour passer inaperçu est de faire la bise en disant « salut, ça va ? » d’un air assuré.

16 :09    Nota : ça ne marche qu’avec les gens qu’on est sensés connaître.

16 :11    Je discute depuis 2 minutes avec quelqu’un que j’ai visiblement déjà rencontré mais dont je ne me souviens absolument pas. Moment gênant.

16 :13    L’Homme arrive et dit « oh, salut C. ! ». Flash back. Je me souviens.

16 :20   Le marié est arrivé, on rentre dans l’église dans un joyeux bordel. Je récupère le planning de la messe, l’Homme nous trouve deux places « devant mais pas trop ».

16 :21    J’enlève subrepticement mes chaussures. Dieu existe.

16 :30   Tout le monde se lèvre pour Danette l’entrée de la mariée. Ce blog n’ayant pas vocation d’être un nid de poncif, je ne dirais pas qu’elle est splendide, mais le cœur y est.

16 :31    On se rassoit. La messe, cet endroit merveilleux pour travailler ses cuisses.

16 :32    Le prêtre a dit un truc et c’est là que j’ai compris ça allait durer une heure. Moment de solitude.

16 :37    Debout

16 :38    Assis

16 :40    Je me souviens du sketch sur la secte du grand skippy. Fou rire discret. Regard noir de l’Homme.

16 :47    Le prêtre psalmodie des choses.

16 :53    Le prêtre sous-entend que les mariés n’ont pas commis LE pêché. L’assistance est discrètement morte de rire.

16 :57    Debout

16 :59    Assis

17 :00    Le marié reçoit une médaille parce que c’est l’anniversaire des 750 ans d’un saint inconnu.  Ca doit lui faire une belle jambe.

17 :05    Debout

17 :07    Assis

17 :08    Si jamais j’ai un chien, je le ferais jamais chier à lui dire « debout ! couché ! ».

17 :10    Je réfléchis à soudoyer les choristes pour qu’elles entonnent « Jésus revient ».

17 :11    Je l’ai dit à l’Homme, ça ne l’a pas fait rire.

17 :12    Est-ce que je pourrais me marier avec un homme qui ne veut pas qu’on chante « Jésus revient » à notre mariage ?

17 :13    Je me souviens qu’on n’a pas l’intention de se marier.

17 :14    Debout

17 :15    Assis

17 :20    Léger courant d’air dans l’église. Je comprends la sensation de malaise que j’ai depuis une heure. Ma robe étant assez courte et peu moulante, j’ai tout simplement l’impression d’avoir les fesses à l’air. Je tire discrètement sur mon ourlet pour vérifier que ce n’est pas le cas. Ca doit être bon. Je n’ose plus regarder le Christ en croix.

17 :30   Sortie de l’église. Les mariés se font caillasser à coup de pétales de fleurs. Deux minots n’ont manifestement pas compris le concept et se caillassent mutuellement.

17 :33    Je glisse à l’Homme de vérifier si tout le monde une vue plongeante sur mes fesses. « Non, mais ça peut s’arranger ». Pas de problèmes, que des solutions.

17 :35    Le moment des photos. « Les grands derrières, les petits devants ». Merci madame la photographe, ça nous serait pas venu à l’esprit.

17 :36    Je tire sur ma robe et réajuste mon headband. Le prochain mariage, j’y vais en pantalon et le crâne rasé.

17 :42    Le témoin nous fait remarquer qu’il y a un corbeau mort suspendu au toit de l’église. Charmant.

17 :43    Je lui fais remarquer qu’une invité porte une espèce de collerette en plumes noires et des chaussures à talons aiguilles en cuir verni noir, dans le plus pur style maîtresse SM. Suppositions sur la provenance de Domina.

17 :44    Le témoin pense finalement que ça doit être de la famille du marié.

17 :45    Les mariés s’en vont. Nous avons rdv à 18 :30 pour la réception. La décision est prise de trouver un troquet pour attendre.

17 :55    Leur capacité à trouver un troquet dans un tel bled m’épate.

18 :00    On refait le monde en prenant des nouvelles de ceux qu’on n’a pas vus depuis longtemps.

 

 

Je crois que je me suis suffisamment étendue pour aujourd’hui.

Je vous raconte la réception dans la semaine. Et y’a du lourd !