Vous l'attendiez tous avec une impatience non dissimulées (quand je serai grande, je serai animatrice de fête foraine), l'épisode 2 !

 

18 :40    Après 10 minutes de voiture dans un chemin au milieu des vignes, here we are ! Un mas provençal qui pourrait accueillir tout un village, paumé dans les vignes. Je suis épatée.

18 :43    Les garçons râlent : leurs chaussures noires sont toutes blanchies par les graviers. De l’avantage des chaussures nude.

18 :50    L’apéro a l’air servi.

18 :51    La photographe appelle tout le monde pour les photos. Ce moment gênant où elle dit « les invitéEs, photo avec le/la mariée » et où j’hésite à y aller.

18 :53    « Maintenant les filles, vous faites comme si vous vouliez déshabiller le marié ». WHAT ?

18 :54    Rester naturelle (aka « avoir l’air coincée ») ou passer en mode actors studio (aka « poussez-vous, je suis chaude comme une baraque à frite ») ? Ils montreront sûrement les photos à leurs enfants. Restons naturelle. Et au fond. Et courbée.

18 :55    « la grande au fond, vous êtes pas dans le champ ».

19 :30    L’apéro bat son plein. Les mariés vont de petits groupes en petits groupes et trinquent avec tout le monde. Ça sent la  cuite expresse.

19 :36    J’ai fait mon calcul, si on part vers 3h, je devrais pouvoir m’enfiler deux flûtes de champagne et un verre de vin.

19 :38    J’avais oublié que je ne tiens plus l’alcool. Je viens de faire une blague politiquement incorrecte à un copain de l’Homme. Au lieu d’être mort de rire, il a l’air vaguement gêné. Note : vérifier si le prêtre est convié au vin d’honneur avant de commencer une blague par « c’est un prêtre, un rabbin et un imam ».

19 :40    « La mariée va lancer son bouquet ». Me concernant, elle peut se le mettre où je pense que ça me ferait le même effet

19 :41    La grande au fond, zêtes pas mariée ? Avec les autres !  Joie.

19 :42    Si je reste suffisamment au fond, je reste loin du pugilat habituel.

19 :43    Regard en coin avec les autres filles. Elles pensent : « grognasse, c’est MON bouquet ». Je pense : « Pas de souci, si ça arrive vers moi, je recule ».

19 :45    Ce moment gênant où la fille qui a attrapé le bouquet regarde son amoureux, l’air mi sérieux mi rigolard, « On fait quoi maintenant ? ».

19 :46    Si un jour je me marie, je prendrais une bague de fiançailles en toc pour obliger le mec à demander la fille, là, tout de suite. Je suis immonde.

19 :50    Je prends les paris avec moi-même. L’animateur de la soirée passera t il la danse des canards ou fera t il tourner les serviettes ?

19 :51    Si c’est les sardines, JE ME CASSE.

20 :00    Je crois que quelqu’un vient de lâcher un « A LA BOUFFE », mais en plus classe.

20 :10    Entrée des mariés dans la salle à manger.

20 :15    Comment est-ce qu’on est passés de « les mariés rentrent dans la salle main dans la main, sur Get Lucky » à « Les mariés sont assis sur une chaise et les chaises sont tenues en l’air à bout de bras, façon rabbi jacob » ?

20 :16    Le marié a failli se manger le lustre

20 :30    On fait connaissance avec nos voisins de table. Ils ont l’air sympa. Dieu merci, on n’est pas avec tata huguette, 80 ans et le dentier en vadrouille ni avec Domina. Je me rends compte que j’ai perdu Domina de vue. Ça me rend triste.

21 :00    La conversation roule. La fille a côté de moi est visiblement très heureuse d’être mère, et essaie par tous les moyens de me convaincre de m’y mettre.

21 :01    Est-ce que je propose à l’Homme d’aller s’y mettre tout de suite ?

21 :02    Ce serait de mauvais goût, personne n’est encore bourré.

21 :08    Mais tu vas me lâcher la grappe avec tes histoires de stérilisateur ?

21 :09    Si elle me parle de tire lait, JE ME CASSE.

21 :30    Ma vessie se rappelle à moi. Pensée émue pour la mariée : comment est il possible de vider sa vessie avec une robe pesant manifestement une bonne dizaine de kilos et ayant une bonne vingtaine de jupons/jupe ? Si je me marie, ce sera tout le monde à poil.

21 :31    Peut-être pas tout le monde, non plus.

21 :32    Et puis merde, j’ai dit que je me marierai pas.

22 :00    Le diaporama avec les photos des mariés enfants/adolescents/à l’Ecole. Ce moment gênant où mamie voit une photo de son petit fils/ sa petite fille complètement torché-e-s en soirée.

22 :12    Les pères font leur discours.

22 :18    J’ai la nette impression que le père de la mariée est déjà pompette.

22 :20    MAIS JE M’EN FOUS QUE TU AIES DU MAL A TROUVER UNE PLACE EN CRECHE

22 :45    Premier set de danse. Ca guinche sévère pour le troisième âge !

22 :50    Bientôt le dessert, et la danse des canards n’est toujours pas passée. Serait-on sauvés ?

23 :13    On termine le dessert, l’Homme se ressert une flûte de champagne

23 :27    Oui, j’imagine qu’à la garderie, ils sont tous en train de dormir, oui.

23 :31    Je discute avec F. Quand F. est sobre, il parle aux gens à 10 cm d’eux. Quand F est bourré, on divise la distance par 2. Au début, ça surprend.

23 :36    Le témoin vient récupérer F. « Mais tu vas la laisser tranquille ? ». Ah. L’Homme se ressert une flûte de champagne.

00 :00    Le troisième âge a quitté la salle. Pas de danse des canards, de serviettes hystériques ou de boites trop pleines. Nous sommes en pleine ambiance SDB.

00 :30    Je regarde les gens danser, il est de notoriété publique que ce n’est pas vraiment mon truc, surtout quand ma robe me donne l’impression de donner plus de vue que je ne le souhaite. L’Homme se ressert une flûte de champagne. Je prends quelques notes sur le faire part en vue d’un éventuel billet de blog.

00 :45    Anticipation oblige : nous avons pensé à prendre un chèque pour mettre dans la boite, mais pas d’enveloppe. C’est déjà mieux qu’au mariage d’avant, où on a été sauvés par le fait que j’ai toujours un chèque vierge dans mon portefeuille.

00 :46    Au prochain mariage, il ne nous manquera que le stylo !

00 :48    La mariée nous ressert une coupe de champagne en disant « mais on s’en fout, vous êtes venus, c’est beaucoup trop cool ». Verdict : la mariée est bourrée.

01 :00    PRISONNIERS DANS LA VALLEE INFERNALE, LE HEROS S’APPELLE BOB MORAAAANE.

01 :15    L’Homme vient me chercher pour danser. Il a l’œil dans le vague et une coupe de champagne pleine.

01 :33    Le marié danse comme un playmobil sous LSD. C’est intéressant.

02 :26    Vérification : oui, mes chaussures ont encore déteint, mes pieds sont oranges. C’est un concept.

02 :28    L’Homme a une bouteille de champagne à la main.

02 :46    F. me prend la main et m’entraine dans un rock, même si la musique n’a aucun rapport. Je décide que tout le monde est suffisamment imbibé pour se concentrer sur autre chose qu’une éventuelle apparition de la lune.

02 :50    BUT HERE’S MY NUMBER, SO CALL ME MAYBE

02 :53    Il faut me laisser maintenant.

03 :55    JE VEUX JUSTE UN PETIT RICARD DANS UN VERRE A BALLONS

03 :56    HEY ! HEY !

03 :57    Comment ça, la mariée est en train de faire un paquito ?

03 :59    MOI, JE CONNAIS UNE VACHE QUI DRAGUE TOUS LES TAUREAUX

04 :00 Les serveurs ont rallumé les lumières et coupé la sono : c’est l’heure de partir.

04 :05    Visiblement, c’est pas l’avis de tout le monde

04 :06    Quelqu’un commence à chanter ( ?) le Connemara

04 :07    Je reprends tout le deuxième couplet en sautant avec tout le monde. Lueur de respect de la part des copains de l’Homme.

04 :08    TOU DOUDOU DOUDOU TOUDOUDOUDOUDOU DOUDOU DOUDOU

04 :10    ALEEEEEES, L’ENSTIMAAAAAAA

04 :11    Lueur d’incompréhension de la part des copains des mariés qui ne sont pas de l’Ecole. Mais ils sautent avec tout le monde, tout va bien.

04 :12    Une fête entre emayens, c’est un peu comme une fête chez les Dogons.

04 :30    « Et si on faisait des photos de groupe pour avoir un souvenir ». Bien sûr, tout le monde sait que prendre une photo en fin de soirée c’est toujours une excellente idée.

04 :45    La mariée fourre le reste de pièce montée dans les bras de l’Homme.

04 :50    Je récupère ceux que je dois ramener, je prend les clefs de la voiture, et en route.

04 :52    Comment on règle ce satané siège ?

04 :53    L’Homme entreprend de m’expliquer à quoi correspondent TOUS les boutons de sa voiture.

05 :10    « Et ça, c’est pour monter le son de l’autoradio »

05 :11    *Voix avinée n°1  remontant des tréfonds de la banquette arrière* « C’est quoi ce bordel ? »

05 :19    Je sors de l’autoroute

05 :20    *Voix avinée n°2  remontant des tréfonds de la banquette arrière* « Rétrograde »

05 :21    *Voix avinée n°2  remontant des tréfonds de la banquette arrière* « T’es en sur régime ». Y’en a un qui va finir à pieds.

05 :23    Arrêt au feu rouge. La vessie de l’Homme se rappelle à son bon souvenir. Décision collective d’aller se soulager dehors. Les hommes aiment les grands espaces.

05 :24    Ils ont vu un sanglier. « Eeeeeh, on va voir le sanglier ». J’hésite à repartir sans eux.

05 :28    Je range la voiture en bataille, en mode prêt à partir.

05 :29 * Voix avinée et émerveillée n°1 remontant des tréfonds de la banquette arrière* « Elle est merveilleuse ta copine, elle sait même faire une manoeuvre».

05 :45    Les garçons sont couchés, la pièce montée est en vrac dans le frigo, le caramel a coulé derrière le bac à légumes, je prends une douche. J’ai les pieds en compote et oranges, j’ai passé la soirée à remettre mes cheveux en place et à tirer sur ma jupe.

05 :46    Conclusion : c’était une vache de bonne journée !