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07 juillet 2016

Putain, dix ans.

Le ramdam des résultats du bac, chaque année, ça me fait un petit quelque chose. Cette année, ça me fait un quelque chose un peu plus gros: j'ai passé (et eu)(parce que bon, le passer c'est une chose, l'avoir c'en est une autre) mon bac il y a tout pile 10 ans.

Ca m'a fait penser à ma première (et unique)(faut pas abuser des bonnes choses) année de prépa. Je crois que la première fois que je me suis honnêtement demandé ce que je foutais là, c'était en septembre 2006, à la rentrée. Les années précédentes, c'était facile. Il fallait avoir de bonnes notes et hop, on passait en classe supérieure. Pas de prise de tête, pas de choix à faire. Même mon passage en S, c'était un non choix: tous mes professeurs, et mes parents, me disaient "t'as des bonnes notes, fais S". Alors que j'aurais bien aimé faire une filière littéraire. Je pense que j'aurais été très contente d'approfondir l'espagnol, une langue que j'adorais, et éventuellement en faire mon métier. Bref, les choses se passent rarement comme on le pense.

En terminale, il a fallu choisir son orientation. J'avais encore de bonnes notes partout, surtout en physique. Je savais bien que mes notes de physique chimie étaient surtout dues au fait que je possédais manifestement le même recueil d'annales de bac que mon prof, et que tous les exos des contrôles en sortaient. Il suffisait que je me pose un mercredi aprem, que je fasse tous les exos du livre en rapport avec l'interro, et hop, c'était dans la poche. Pour être honnête, il y a une part de fausse modestie là dedans, puisque je me suis quand même arrogé un 17 à l'épreuve du bac, et le luxe de terminer avec 45 minutes d'avance sur une épreuve de 3h30. Ouais, 10 ans après je m'en souviens encore. C'est con, la mémoire.  Donc en terminale, ça a été le choix de la prépa à dominante physique/chimie. La voie royale, paraît il. Voie royale, mais qui mène à quoi ? Comme dirait l'autre, il n'est de vent favorable à celui qui ne sait pas où il va. Pour les études, c'est pareil. Choisir une voie royale, quand tu sais pas vers quoi tu veux aller, c'est pas la meilleure des options.

Tout ça pour me retrouver en amphi, un beau (non) matin de septembre 2006. Je trouve deux têtes connues, on s'installe ensemble. Les profs font l'appel, on est répartis dans deux classes (et je suis pas dans celle des deux que je connais)(topis)(le karma, déjà). On rigole nerveusement en faisant des jeux de mots sur les noms de famille des autres. Je regarde autour de moi, et je me rends compte qu'ils ont tous l'air intelligents, sûrs d'eux, prêts à bouffer le foie du copain si ça permet de gagner une place au sacro saint concours de seconde année. En réalité, je pense qu'ils avaient tous autant la pétoche que moi pour ce premier jour.

Mon prof de physique se fend d'un petit discours et nous traite de "bande de Zigomars". Zigomar, son personnage préféré. Je ne compte plus les exercices où il faut trouver en combien de temps Zigomar arrête son train lancé à pleine vitesse et s'il va écraser Marguerite la vache, qui est sur les rails à 110 km de là (je crois me souvenir que c'est pas bien barré pour Marguerite), ou je ne sais quel problème sur le frigo de Zigomar, sans oublier le célèbre "Zigomar part dans le système solaire", à l'occasion d'un contrôle de mécanique.

Ma prof de maths nous fait également une harangue. Je suis un peu étonnée qu'on se fasse pas traiter d'élite de la nation (c'est le prof d'anglais qui le fera), mais elle nous explique qu'on est pas là pour rigoler et que elle, personnellement, elle est là pour qu'on en chie. Elle n'a pas dit qu'elle sera notre pire cauchemar, elle a juste distribué les emplois du temps: 2h de maths, tous les jours, de 8h à 10h. Elle l'a pas dit, mais on l'a bien compris. Elle nous a ensuite emmené dans notre salle de classe, dont on ne bougera que pour aller en TP, ou en amphi de physique (parce que le tableau était sur deux niveaux et que je soupçonne mon prof de physique d'être trop bordélique pour s'organiser avec un tableau tout simple)(et aussi, je pense que ça le faisait marrer de faire descendre/monter les tableaux). Quand t'es en prépa, t'as plus de temps à perdre à changer de classe, ce sont les profs qui viennent à toi. Ca veut dire beaucoup de choses, je trouve. Léger brouhaha. Chacun trouve sa place, place à laquelle il devrait rester toute l'année environ (moi, je suis restée à la mienne un trimestre, pis après un copain de mon collègue de table a décidé que c'était sa place. Moralité, je me suis retrouvée au premier rang, à côté d'une fille qui pigeait encore plus rien à rien que moi (c'est-à-dire qu'après que le prof disait "bonjour", elle était larguée), et dans le courant d'air de la porte. Le karma). On s'assoit. On se dit qu'on va commencer la journée cool. Avec un peu de chance, y'aura ptêt même pas de vrai cours.

On avait raison, y'a pas eu de vrai cours. Interro surprise sur les fondamentaux de terminale.

Première fois de ma vie que je me regarde dans le blanc des yeux (faut un peu d'entrainement) et que je me pose honnêtement cette question: "putain, mais qu'est ce que je suis venue foutre ici ?".

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02 juillet 2016

La playlist bébé proof ET maman proof

On va pas se mentir. Au début, un bébé, c'est pas hyper passionant. Le premier mois, c'est globalement un tube digestif. Doté de poumons remarquablement développés en ce qui concerne mon affreux, mais un tube digestif quand même. Au deuxième mois, ça commence à être un peu plus rigolo, ça sourit, ça suit des yeux, ça montre un peu d'intérêt pour le monde. Là, on en est au stade où il attrape vraiment des objets (avant c'était plutôt "je lance ma main au petit bonheur la chance, pis si ça tombe sur quelque chose d'intéressant, je serre le poing". Quand le quelque chose est "les cheveux de maman" ou "les poils du torse de papa", on passe d'intéressant à douloureux) et il commence à tenter de se retourner (chaque tentative me met dans le même état que quand je regarde un 100m haie aux JO)(genre je suis "OUAIS, OUAIS, VAS Y MON BEBE !!!". Beaucoup trop d'enthousiasme)(à propos de JO, ça commence quand, Rio ?).

Un truc qui occupe pas mal, et que mon affreux adore, c'est les chansons. Ca doit d'ailleurs être le seul humain sur Terre heureux de m'entendre chanter. Les enfants ont un goût de chiotte, c'est bien connu. Je vous propose donc une petite liste des chansons préférées de l'affreux. Sachant que j'ai déjà éliminé la plupart des comptines, ça me gonfle pas mal (et puis il y en a certaines qui sentent sévèrement le burn out)(vous connaissez les couplets de Dodo, l'enfant do ? "si l'enfant ne dort pas, on lui coupera le nez/les oreilles/les orteils/la tête". Sérieux, ça se sent pas que les parents sont juste à bout ?). Et je vous épargne aussi la Digue du C*l. L'affreux aime bien, mais j'ai pas envie d'avoir un débarquement de la DASS. Déjà que les voisins me regardent bizarrement...

1/ Petit Homme l'Avocat - Henri Dès. Titoune a beaucoup aimé aussi.

2/ Calan de Villafranca. Une chanson de l'arrière pays, que j'ai appris quand j'étais en maternelle. C'est la première chanson que je lui ai chanté, quand j'étais à la maternité, c'était la seule qui me revenait. Avec "à la volette", où j'inventais des paroles pour lui raconter ce que je faisais. Me jugez pas, j'étais au bout de ma vie.

3/ Part of me - Katy Perry. Comme quoi, cet enfant a parfois bon goût. (Pis il aime bien quand je le soulève comme les nanas soulèvent un tronc d'arbre dans le clip)

4/ Scandale dans la famille - La Compagnie Créole. Ouais non, j'ai rien dit.

5/ Call me maybe - Carlye Rye Jonhson. Quand je pense que j'ai arrêté de lui chanter des comptines parce que je trouvais que ça restait trop longtemps en tête....

6/ Fais pipi sur le gazon. Pour embêter les coccineeeellleuuuh.

7/ Pirouette cacahouette. Sauf que je me souviens jamais des paroles à la fin, alors j'invente. L'avantage, c'est que je peux faire durer la chanson hyper longtemps !

8/ Shake it off - Taylor Swift. Pis je shake it off en le regardant et ça le fait marrer.

9/ I'll be there - The Rembrandt. En fait, je crois surtout que cet enfant apprécie de voir sa mère (moi)(je précise, on sait jamais) chanter à tue tête en bougeant son boule. J'ai pas encore statué si c'est qu'il aime bien ou qu'il se fout de moi, par contre.

10/ Il était une chèvre. Même si c'est complètement con qu'une chèvre revienne d'Espagne et parle allemand. Enfin bon, c'est pour chanter à un môme qui a pas encore tout à fait pigé que les trucs roses qui bougent, là bas, loin, c'est ses orteils et c'est à lui, on se rend bien compte que niveau réflexion, ça pisse pas bien loin.

La prochaine fois j'essaie de vous faire un article non estampillé puériculture :)

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18 avril 2016

alors, on est prête pour une sortie ?

Je ne narrerai pas mon accouchement. Un peu de pudeur, que diable. Sachez juste que rien dans ma vie ne m'avait préparée à me faire engueuler par une médecin russe roulant les r comme un méchant de James Bond, époque guerre froide. Parce que, "je sais pas où vous êtes là" (je suis allongée là depuis une dizaine d'heures, et même si j'en ai très envie, je peux pas me tirer d'ici) et que "je sais pas ce que vous faites" (j'essaie de faire sortir un obus de 45 par un trou de serrure et honnêtement, j'ai aucune idée de comment m'y prendre). Sachez également que hurler un bon coup pour demander à la millième personne qui est entrée de bien vouloir "fermer cette putain de porte, bordel" (je cite), ça fait vachement de bien.

Donc bref. A un moment, on te met un machin tout violet qui couine dans les bras et on te dit "félicitations !". Tu regardes ta moitié, tu sais pas trop comment interpréter son expression. Alors tu reportes ton regard sur le machin violet qui couine et tu essaies de graver l'image dans ta mémoire. Histoire d'être sûre que la puer qui va te l'embarquer dans trois minutes pour l'habiller te rendra le même bébé. Je crois que j'ai été traumatisée par la vie est un long fleuve tranquille. Comme t'es pas physionomiste pour deux sous, tu confies comme mission à ta moitié d'accompagner la puer qui emmène le machin de moins en moins violet pour le nettoyer et l'habiller. Tu lui fais même les gros yeux en espérant qu'il comprenne le message ("Tu le quittes pas des yeux une seconde et tu checkes toute la pièce  pour vérifier qu'il y a pas un autre machin bientôt rose qui attend l'échange").

 

Une fois les formalités expédiées, quelqu'un amène un lit sur roulette pour te tansférer dans ta chambre. Toi, tu peux plus bouger tes jambes à cause de la péri, t'as l'impression d'être l'orque de Sauvez Willy et tu sens bien que personne ne va t'aider à te transférer. Du coup, tu te débrouilles en priant fort pour ne pas te benner sur le carrelage. Fort heureusement, le machin tout rose est à ce moment là hors de portée, bien rangé dans son Tupp à Bébé sur roulettes. Le lit est poussé, et toi dedans, jusqu'à une chambre. La potence du lit se prend conscienceusemet tous les petits panneaux métalliques qui annoncence les services suspendus au plafond. Tu espères que tu ne vas pas t'en prendre un sur le coin de la gueule, ça serait un peu le pompon sur le gâteau.

Le dernier membre du personnel médical ferme la porte de la chambre. Vous vous retrouvez tous les trois pour la première fois. Tu réprimes un mouvement de panique. Tu regardes ta moitié. Tu regardes le machin qui dort. Tu regardes ta moitié. Tu es partagée entre "aww, qu'est ce qu'il est mignon" et "putain putain putain putain putain, mais qu'est ce qu'on a fait bordel, on est complètement inconcients".

Tu passes la semaine à essayer. Essayer de le comprendre, de le nourrir, de l'habiller, de changer une couche, de le consoler, de dormir, de le laver,de te laver, de te remettre physiquement et mentalement. T'es à  un stade d'épuisement que tu ne pensais pas atteindre un jour. Tu te dis que tu seras incapable de survivre au jour suivant. Tu survis parce que t'as pas le choix, y'a un machin qui a besoin de toi là. Tu n'avances plus pour toi, mais pour lui. Tu te dis qu'entre tes cernes, ton baby blues et tes cheveux gras, t'es bien contente d'avoir demandé à tout le monde de ne pas venir te voir. Tu pleures un peu tous les jours. Certains jours tu sais pourquoi, d'autre pas. Le meilleur moment de ta journée, c'est quand ta moitié arrive, parce qu'il a l'air de savoir parfaitement quoi faire, et que le machin, qui devient peu à peu ton bébé, a l'air vachement plus apaisé dans ses bras que dans les tiens. Tu pleures parce que tu crois que ton enfant te déteste. Tu ne réalises pas que quand son papa arrive, il a mangé et une couche propre, il n'a donc aucune raison de pleurer. Le pire moment de ta journée, c'est quand il repart.

Et le vendredi, la sage femme rentre dans ta chambre et te pose, par pure rhétorique, LA question. "alors, on est prête pour une sortie ?". T'es pas prête. Tu sais pas comment tu vas faire sans le bouton magique pour appeler quelqu'un parce que tu comprends plus pourquoi il pleure. Tu penses que tu sais pas comment être une maman. Tu penses que tu ne sais pas pourquoi il pleure, si il est bien avec toi,si c'est raisonnable de vous laisser partir et si tu vas y arriver. T'es morte de trouille.Tu ne sais pas encore que toutes les mamans sont comme ça.

En début d'après midi, papa arrive avec le siège auto. T'as remballé toutes vos affaires. L'affreux se paie une sieste sur ton lit, et comme t'as pas voulu le déranger et que tu rentres pas dans le tupp à bébé, t'es posée sur une chaise. Vous le sanglez. T'as peur qu'il soit trop serré. Ou pas assez. Qu'il ait froid. Ou un peu chaud. Qu'il y ait trop de lumière. L'Homme clipse le siège auto sur le châssis de la poussette et vous vous en allez. Pendant que vous remontez le couloir, t'as un peu de mal à y croire. On va vraiment te laisser partir avec un bébé? Il y a bien un adulte qui va comprendre que ce n'est pas normal. Où sont les adultes ? Tu es en train de piquer un bébé, et personne ne réagit. Vous entrez dans l'ascenceur. Tout le monde paraît trouver ça normal. Les adultes d'ici sont fous à lier, si tu étais adulte, tu ne te serais jamais laissée partir avec un bébé.

 

Et tu finis par capter.

T'es une adulte.

Pire.

Une mère de famille.

 

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13 avril 2016

Tout commence par un bain.

Je pense globalement être passée maître dans l'art de me retrouver dans des situations surréalistes. Certains ont une bonne fée qui se penche sur le berceau, moi c'était manifestement le dieu du WTF.

Y'a eu la fois où j'ai regardé partir notre voiture sur un plateau, un dimanche à 16h, dans une station de ski, alors qu'il commençait à neiger. Y'a eu la fois où on est tombés en panne en rentrant d'un mariage et où l'Homme a fait une réparation avec un caillou et une cuillère en plastique qui trainait sur la route. Y'a eu la fois où on a failli couler avec le bateau de beau papa (celle là, il faut vraiment que je vous la raconte, elle est collector)(tu sais que la situation se met à schlinguer grave au moment où t'en vois un déballer les gilets de sauvetage)(on y reviendra). Mais rien ne vaut le surréalisme de se faire couler un bain un dimanche soir à minuit.

 

Il faudrait que je commence par le début de cette histoire.

Tout a commencé le soir où l'Homme a sauvé mon poisson rouge de la noyade. Sauf que je ne le connaissais pas, et qu'après on ne s'est plus reparlés pendant un an. Ok, je fais une avance rapide.

Tout a commencé l'an dernier. A cause d'un entretien d'embauche, qui ne s'était pas si mal passé, mais qui m'a fait comprendre qu'il fallait que je passe à autre chose, et qu'il était trop tard pour cet avenir pro. J'aurais du m'attaquer à cette voie dès ma sortie d'école et pas 5 ans après. Alors en rentrant à la maison, j'ai réfléchi à beaucoup de choses. Et trois semaines après, par un mardi de juillet, j'ai fait la route pour aller au boulot en pilotage automatique, après avoir vu deux traits sur un batonnet. Partagée entre "wouputain, c'est génial" et "merde merde merde". J'étais donc enceinte, pour les trois du fond qui ont du mal à suivre. Ce même matin, un cabinet de recrutement m'a contactée pour me proposer un entretien pour le job que j'occupe maintenant. Certaines journées sont un poil plus chargées que d'autre.

Pendant les 9 mois qui ont suivi, il s'est passé plein de choses. Un épuisement général au premier trimestre. Des chutes de tension au dernier. Des vacances sur un voilier. Un presque naufrage sur un bateau à moteur (oui, je vous le raconterai). Une démission. Une embauche. Un nouveau rôle pro à assumer. Un nouveau rôle perso à tenter d'appréhender (spoiler alert: ça ne se passera de toute façon pas comme vous le pensez). L'anniversaire d'une de mes tantes et la redécouverte de mes cousins et cousines. L'annonce à nos parents ("hein ? Mais, Sassinak, t'as toujours dit que tu voulais pas d'enfant". Ouais, et j'ai pas tout à fait fini de revoir ma position, alors si on pouvait éviter le sujet). Des échographies ("Oh, c'est facile, je vous laisse deviner, vous voyez quoi ? - Ben là je vois une tortue. Oh, il a bougé, on dirait plus un lamantin là"). Des rendez vous de suivi. Une préparation à l'accouchement ("et donc, l'épisioto... - LALALALALALALALAL J'ENTEND PAAAAS"). Des angoisses (mais je vais jamais y arriver). Des appréhensions (et s'il est moche ou con ? Ou les deux ? Et si je m'en rend pas compte et que personne ne veut me le dire ?). Et une petite graine qui grandit.

 

Et puis il y a eu ce dimanche de mars. On a fait une grasse mat. On a parlé de l'arrivée du lamantin. On a fait un câlin au chat. L'Homme m'a emmené faire une balade en voiture pour me faire prendre un peu l'air, rapport au fait que j'avais tellement mal partout que me déplacer dans la maison était devenu un calvaire. On a discuté, on a bien rigolé, on a fait des photos du bord de mer et des photos de l'Estérel. J'ai fait la sieste. Dimanche soir, j'ai imposé le film qu'on a regardé (moi qui ne regarde jamais la télé le soir). Pendant le film, j'ai commencé à avoir mal au ventre. J'ai pris deux spasfon et j'ai attendu que ça passe. Pour une fois qu'un film me plaît, je compte bien le regarder jusqu'au bout.

Sauf que c'est pas passé.

Après pas mal de tergiversations, j'ai appelé la maternité.

"Vous vous faites couler un bain, vous prenez deux spasfons et vous voyez si ça passe.

- Euh, d'accord. Mais c'est combien de temps un bain ? [NDLR: c'est parfois un peu dur d'être de la génération à qui on a toujours expliqué qu'en prenant un bain, on était directement responsable de la mort des bébés phoques. Moralité, j'avais pas pris de bain depuis mes 6 ans]

- ...

- ...

- Ben, 45 minutes, un bain quoi.

- Très bien, je vous remercie".

 

Voila comment je me suis retrouvée à me faire couler un bain un dimanche soir à minuit. Et à y mettre des boules de bain, parce qu'on est pas des bêtes. Et à me glisser dans l'eau en rêvant de me glisser dans mes draps. Avec un bouquin parce qu'il faut bien admettre que dans un bain, on se fait un peu chier.

J'ai toujours pas fini mon livre. J'ai réveillé l'Homme pour aller à la maternité. Heureusement que j'avais bouclé la valise 3 jours auparavant (sérieux, c'était moins une). Quelques heures plus tard, j'avais mon crapaud dans les bras. Quelques heures plus tard, on était devenus une famille.

 

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04 mars 2016

10 petites choses

Vous avez ptêt vu passer l'info sur face de bouc, ou ptêt qu'on vous l'a dit directement. Toujours est il que ces derniers temps, mon profil est plus objectif Lune qu'objectif bikini. L'Héritier devrait arriver d'ici la fin du mois, j'expérimente le début de ma plus longue période de ma vie sans travailler. J'expérimente aussi la vie avec x kilos supplémentaires (j'ai encore un peu de pudeur), répartis exclusiement entre mon sternum et mes hanches (j'ai tout pris dans le bide, quoi).

Voici donc ma petite liste des 10 choses compliquées à faire en fin de grossesse, avec un ventre rempli de bébé (beaucoup moins compressible qu'un bide à bière)

 

1/ Lacer ses chaussures.

Soit le moment où tu envies un peu celles qui accouchent en été, et qui peuvent donc mettre des tongs.

 

2/ Ramasser un objet tombé au sol.

J'appelle ça la période T Rex. Tout ce qui tombe plus bas que ma ceinture est considéré comme définitivement perdu. Sauf si l'Homme est dans les parages.

 

3/ Se lever du canapé.

C'est vachement profond, un canapé, quand on y pense.

 

4/ Faire une nuit complète.

L'Héritier ayant tendance à danser la samba vers 3h du matin, je subis.

 

5/ S'allonger sur le canapé avec le pc sur le genoux.

Mon ventre appuie sur le touchpad, la souris fait n'importe quoi, ça m'énerve.

 

6/ Se lever du lit.

J'ai l'impression d'être l'orque de Sauvez Willy

 

7/ Se passer d'un morceau de camembert accompagné d'un grand verre de pinard.

Parce qu'au bout de 8 mois sans tout ça, la vie est un peu chiante.

 

8/ Aller au supermarché

Ca c'est pas forcément plus mal, en fait.

 

9/ Supporter les remarques d'illustres inconnus

Big up à la vieille qui m'a demandé un jour, alors que j'hésitais au rayon gel douche (malgré ce que j'ai dit plus haut, je fais un effort pour que l'Homme n'ait pas à se taper toutes les corvées, il a suffisamment fait tourner la baraque avant que je sois arrêtée), si je comptais "nourrir mon bébé". J'ai répondu que je pensais le laisser mourir de faim et je me suis barrée.

 

10/ Ne pas savoir quand l'Héritier pointera le bout de son nez.

Et pour la control freak que je suis, ne pas savoir quand sera le D Day, c'est particulièrement perturbant.

 

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19 janvier 2015

En passant

Il y a eu un dimanche après Noël, la daube de la Reine Mère et une laborieuse digestion.

Il y a eu un dimanche après le jour de l'an, 8h de train, quelques livres et un peu d'ennui.

Et je m'étais fait la réflexion que le dimanche de la rentrée serait un timing impeccable pour venir vous raconter deux trois conneries. Je n'ai pas pu. Je me suis posée devant mon clavier, la semaine dernière, et les mots ne sont pas venus. Ca m'a semblé tellement vain et tellement futile. Je voulais vous raconter la crémaillère de mon copain A., à Bordeaux. Je voulais vous raconter Arcachon, la promenade en planche et les maisons au bord de l'eau. Je voudrais passer mes derniers jours dans une maison au bord de l'eau à Arcachon, à regarder la pluie tomber sur l'océan à travers mes fenêtres, une tasse de verveine à la main, enfouie sous un gros châle.

Et je me suis demandée pourquoi. Pourquoi je viens ici déverser des mots sans intérêts, parler de gens que personne ne connaît, de mon quotidien dont tout le monde se fout. Pourquoi écrire. Il y a rire, dans écrire, je ne crois pas que ce soit une coïncidence. La semaine dernière, les deux semblaient impossibles. Je me suis rappelée que ce blog, où finalement peu de gens viennent, c'est réellement mon journal. J'ai un vrai journal, un joli cahier vert, sur lequel j'écris de temps en temps les choses que je n'assumerai pas de voir ici (chéri, si tu le cherches, il est dans ma bibliothèque. Mais il n'y a rien de très intéressant), mais je suis bien trop attachée à avoir un blog. J'ai un blog depuis 2004. 11 ans. Je ne sais pas si je pourrais vivre sans.

La semaine prochaine, je vous ferai une fiche de lecture. Soit le dernier Bridget Jones, cadeau de Noël pour la Reine Mère, qui l'a terminé et me l'a filé. Oui, quoi ? J'ai une tête à osciller entre Jane Austen et Alexis de Tocqueville ? Eh non, je lis aussi, parfois, des romans un peu léger dans ce style. J'ai même lu les 50 nuances de l'autre con. Mais en anglais, pour me donner l'excuse de cultiver mon vocabulaire. Ca m'a pas trop plu. Personnellement, les tribulations d'un trafiquant d'armes maniaco dépressif, ça me branche pas des masses. Oui, je persiste et signe, M. Grey s'adonne à des trafics louches. J'ai des preuves. Il est multimilliardaire à moins de 30 ans. On ne parle jamais de ses affaires. Il a un staff de sécurité que Poutine doit lui envier. On ne parle que du fait qu'il a des salons d'esthétique et de ses oeuvres caritatives, cad le moyen le plus usité pour blanchir l'argent de la drogue. Donc, soit Bridget, soit une trilogie que la Reine Mère m'a offert à Noël. C'est méga glauque, ça se passe en Norvège, il y a un des personnages qui est croque mort, ça m'a foutu un cafard d'enfer. Bref, à lire absolument. Par l'auteur de "Je ferai de toi un homme heureux". Qui est méga glauque, se passe en Norvège, un personnage est représentant de commerce et m'a foutu un cafard d'enfer. A lire absolument, aussi. On néglige, je crois, beaucoup trop les auteurs scandinaves.

Bisoux.

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Travailler avec des cons

L'article d'aujourd'hui sera un article de grosse feignasse. J'avais pensé faire un bilan 2014, mais tout d'abord ça va être chiant à mourir (et tellement convenu) pis en plus on est pas tout à fait à la fin de l'année. Pourquoi un article de feignasse, me demanderez vous, tous désappointés après une semaine d'attente ? Tout d'abord, parce qu'on est dimanche. C'était un peu con de ma part de faire un article par semaine le dimanche, sachant que soit c;'est ma journée de flemme intense, soit c'est la journée où j'ai plein de trucs à faire et quand je me pose sur le canapé à 21h, j'ai juste envie de m'endormir comme une grosse bouse. Mais je vais continuer à un article par semaine, quitte à les écrire dans la semaine et à les programmer.

L'autre raison pour laquelle aujourd'hui sera un article de feignasse, c'est que je suis toujours dans la digestion laborieuse des deux repas de famille de ce week end. Oui, on est le 21 décembre et j'ai déjà les dents du fond qui baignent. C'est un peu dommage, je me suis pesée la semaine dernière et il me reste 1kg pour arriver à mon objectif 2014. Soit 5kg en 2015 et je retrouve mon poids de terminale, de quand j'étais jeune,que je pouvais entrevoir mon épine iliaque même debout et où j'étais bien dans mes baskets. (Ouvrons une parenthèse. Quand je dis "basket", ne croyez surtout pas que je portais des converses. Non, non, à 16 ans, j'étais vans, j'étais baggy, j'étais P!nk et Avril Lavigne, j'étais skyblog. J'étais tellement cliché, donc. Bon, par contre, je vous rassure, j'ai fait du skate une fois, j'avais 8 ans, j'ai encore la cicatrice sur le genou. Après ça, j'étais instinct de survie, j'ai jamais retenté)(Tout ça pour redire encore une fois que j'ai peut être pris 25 kg à l'école, mais j'en ai perdu 15. Plus que 5. Vous qui savez compter, vous vous êtes rendus compte que ça ne fera que 20.Les 5 restants, c'est ceux que j'avais perdu en prépa parce que j'étais beaucoup trop déprimée d'être une élite de la France qui finirait dans une école pourrie du centre de la France. Oui, c'est comme ça qu'on nous parlait, dans ma prépa.On nous disait qu'on était hyper intelligents, mais aussi les plus cons qu'ils aient jamais vu. Je suis assez étonnée qu'on soit pas tous devenus schizophrènes).

De quoi va t on parler, vous demandez vous. A force, vous n'êtes plus dupes, et vous savez que les premiers paragraphes ne sont que digressions. Peut-être même que ça vous saoûle. Moi, j'aime bien. On va parler d'un petit livre entré en ma possession ce jour, qui s'intitule "je bosse avec des cons et des manipulateurs mais je le vis bien!". J'ai beaucoup aimé le titre.J'ai également bien aimé le contenu de ce petit livre, tout à fait intéressant pour naviguer dans la jungle de la vie professionnelle. La vie est une jungle, et j'ai l'impression que j'ai à peine débloqué le niveau "chaton qui miaule". Bientôt, je débloquerai le niveau "puma affamé", et ça chiera des bulles. J'ai une situation professionnelle un p'tit chouille tendue en ce moment, ce petit ouvrage tombait à pic. Je vais donc vous en présenter un extrait,que j'ai trouvé bien sympa. Ca s'appelle les 27 commandements pour survivre chez les barjots. Je vous ai listé les 10 premiers, quand on parle de commandements j'ai toujours du mal à dépasser la dizaine .

1. Si vous n'arrivez pas à terminer votre travail dans les vingt quatre premières heures, travaillez la nuit.

2.Une tape dans le dos n'est jamais qu'à quelques centimètres d'un coup de pied au cul.

3. Ne soyez pas irremplaçable. Si on ne peut pas vous remplacer, vous n'aurez jamais de promotion.

4. Peu importe ce que vous avez réellement fait, seuls importent ce que vous dites avoir fait et ce que vous allez faire.

5. Après chaque augmentation de salaire, vous vous retrouverez avec moins d'argent à la fin du mois que vous n'en aviez auparavant.

6. Si vous avez décidé de ne pas vous faire chier, on vous emmerdera.

7. Vous pouvez vous trimballer n'importe où et avoir l'air sérieux si vous trimballez un porte document.

8. Mangez un crapaud vivant au réveil et il ne pourra rien vous arriver de pire de la journée.

9. Quand les patrons parlent d'augmenter la productivité, ils ne parlent jamais pour eux-même.

10. L'erreur est humaine, le pardon n'est pas dans le règlement.

A la semaine prochaine, et d'ici là, Joyeux Noël !

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14 décembre 2014

Le jour où j'ai fait une via ferrata.

Comme je vous le disais, j'ai passé quelques mois à errer au gré de ce que ma société voulait bien faire de moi. J'ai donc passé un peu de temps dans le sud. Dans un autre sud que le mien. Après les quelques jours règlementaires où tout le monde se renifle mutuellement, le courant commence à passer. Et c'est comme ça qu'un midi, au café, une collègue m'a lancé "Je vais faire une via ferrata après le boulot demain, ça te dit ?". Sassinak réfléchit. Et se dit que bon, entre ne rien faire à l'hôtel et s'embêter de manière certaine ou sortir et potentiellement passer une bonne soirée, la conclusion arrive d'elle même. J'ai donc refusé pour la sortie du lendemain, arguant que je n'avais pas mes chaussures de montagne avec moi (indispensables pour passer partout), mais que je m'inscrivait pour la semaine d'après.

C'est comme ça qu'une belle soirée d'avril, je me suis retrouvée dans un champs, sanglée dans un baudrier, et nouant mes lacets correctement.

Vous qui commencez à me connaître, vous vous demandez sûrement pourquoi j'ai accepté cette opportunité qui sentait le coup foireux à plein nez. Premièrement, j'ai pensé à vous, et je me suis dit que ça ferait un billet de blog sympa. Oui oui, il m'arrive de faire des choses en me disant "bon ben au pire ça fera un truc sympa pour le blog". Secundo, la collègue qui m'a proposé ça a une bonne soixantaine d'année et a l'air assez frêle, je me suis donc dit que si elle y arrivait, je devais y arriver. Mauvais calcul. Oui, je me suis remise au sport depuis deux ans, mais je rappelle que je suis feignasse ascendant tire au flanc.

Je reprends. Après m'avoir équipée d'un baudrier, de longes, de gants, de casques, de poulies, nous voila partis. Nous sommes une dizaine, que des plus de cinquante ans, une nana de mon âge et moi. Il fait bon, un peu frais, le soleil est bas, mais nous accordera encore deux bonnes heures de jour. Nous voilà partis donc, à crapahuter un bon quart d'heure dans la cambrousse. On est à peine arrivés au début de la via que je suis essouflée.

On m'explique le concept des vaches et des mousquetons. Il faut toujours être attaché à la ligne de vie par au moins une vache. Les vaches, ce sont des morceaux de cordes attachés à une extrémité au baudrier, et avec un mousqueton à l'autre extrémité. Non, on trimballe pas deux bestiaux de 400 kg avec nous le long d'une falaise. Faudrait être con. On commence à descendre gentiment de petits rochers d'au moins 90cm. Impressionant. Je suis d'ailleurs la seule attachée à la ligne de vie, parce que je suis une noob à qui il faut expliquer comment on fait pour être sûr de revenir en un seul morceau. Je vous explique, hein, moi la dame me l'a expliqué au moins quinze fois pour être sûre que j'avais bien compris. T'accroches tes deux mousquetons au gros fil d'acier qui a l'air de faire la longueur de la balade (si le câble ne semble pas attaché régulièrement, laissez tomber, c'est un déchet).  Quand t'arrives à un piton, attention, ça devient un p'tit peu technique. Il faut détacher le premier mousqueton, le raccrocher de l'autre côté. Une fois le premier mousqueton bien attaché, tu détaches le deuxième et tu le raccroches de l'autre côté. C'est bon ? Tout le monde a suivi ? J'ai besoin de la refaire encore quatorze fois ?

Nous voici donc arrivés au bord de la rivière, au pied de la "falaise". La balade a l'air sympa. Des fers à béton ancrés régulièrement pour les pieds, un câble pour les mains et les mousquetons. Tout le monde est déjà parti, je pars en avant dernier, la dame qui m'explique (et qui me prend visiblement pour une conne) me suit. Je me retrouve juchée sur un fer à béton, les poings verrouillés sur le câble, mon corps faisant un angle d'environ 30 degrés avec la paroi et me demandant dans quel putain de pétrin je me suis encore fourrée. La collègue me demande si ça va. Je répond que ça va. J'ai ma fierté. Je progresse difficilement, essayant de retrouver mon équilibre entre les marches espacées d'environ 1m et le câble complètement distendu qui se décolle de la paroi de facile 50 cm. Arrivée au premier piton, j'ai fait environ 60m, j'en ai encore 250 à faire pour arriver au bout du tronçon. Je m'accorde royalement une petite pause.

Je commence à réfléchir sérieusement à passer mes mousquetons de l'autre côté (un d'abord, puis l'autre, j'appelle ça la technique Zidane) quand j'entends un "pardon, pardon, excusez moi". Des retardataires sont arrivés. Deux bons vivants d'environ 50 ans et le double en kilo. Qui se baladent littéralement, pas attachés, tranquille Emile quoi.Je m'aplatis sagement contre la paroi pendant qu'ils passent autour de moi, me gratifiant d'un sonore "salut la miss". La miss ronchonne. Et repart difficilement. Au bout des 300m, j'ai les bras en compote, les mains contractées, les jambes lasses, bref je suis au bout du rouleau. Feignasse ascendant tire au flanc, je vous dis.

On me demande si je veux continuer comme ça ou si je préfère prendre la tyrolienne. Sachant que si je continue le parcours de la mort, je pourrais grimper la falaise et faire un dévers. Je décide sagement que ce serait beaucoup trop de bonheur pour une première fois. Je prends l'option tyrolienne. L'un des retardataires (un de ceux qui me sont passés dessus, hein), se sent un p'tit peu fatigué, et ferait bien aussi de la tyrolienne. Comble de malchance, il a oublié sa poulie. "Non mais s'pas grave hein, j'en ai prêté une à Sassinak, z'avez qu'à vous attacher ensemble". Il est donc acquis que cette dame, que je connaissais pas il y a une heure, me hait. Monsieur Gros Bidou trouve que c'est une bonne idée. Sassinak un peu moins, mais elle est polie. En un tournemain, me voilà donc attachée par ma vache courte (non,pas un veau, ça suffit maintenant), à la poulie et à Monsieur Gros Bidou. Qui me lance, l'air de rien, qu'il est content de s'envoyer en l'air avec une jolie fille. J'ai besoin d'en rajouter sur mon karma de merde ? (Monsieur Gros Bidou est un mec adorable, pas du tout un gros pervers,je vous rassure. Ca m'a même plutôt fait marrer). Et Zouuuuuuu, on est partiiiiiiis. Etre suspendue à un câble, au dessus d'une rivière, au soleil couchant pendant une belle soirée d'avril, est un très beau moment. Un peu court, mais un très beau moment. Grisée par l'instant présent, j'ai un peu oublié de mettre mes pieds en avant, et je me suis ramassée contre la paroi rocheuse. Ecrasée par Monsieur Gros Bidou. Qui a eu l'air franchement désolé de m'avoir heurté. C'est le jeu, hein.

On se détache, et on fait une pause. Les quelques courageux qui ont continué le chemin le long de la paroi ont attaqué à grimper le long de la falaise. Et à se faire un devers en toit, tranquille (ça veut dire que c'est horizontal et que t'es pas du bon coté, si tu vois ce que je veux dire. T'es du coté du sol, quoi). Avec mon groupe, on grimpe le long d'une petite faille, en mode pépère. Mes bras recommencent à me dire que je ferai bien d'arrêter de déconner cinq minutes, mais comme en escalade, il faut monter les pieds, ça va. Arrivés en haut, petit passage sympa au milieu du vide. un câble au niveau des pieds, un câble 2m au dessus pour attacher les mousquetons, et roule ma poule. Enfin. L'idée, c'est de pas regarder en bas, et ça va. Ne pas regarder en bas. Eh merde. Arrivée de l'autre côté, je m'attache à un arbre et je m'assois avec les autres.

On regarde le soleil se coucher. C'est beau. Et une bonne demi heure plus tard, on repart.Dans la nuit. On a encore une cinquantaine de mètres à grimper, je n'ai pas de lampe, il n'y a pas de lune. Super. Je trébuche un peu, mais globalement ça va. Le seul moment qui a été compliqué, c'est quand je me suis fait arrêter en plein élan parce que j'avais pas vu le piton. Coincée par les mousquetons. Me suis gaufrée. Oui.

Arrivé au sommet, tout le monde se détache. On recrapahute vers les bagnoles, dans le noir complet. Me suis re-gaufrée. Oui.

Le lendemain, j'avais tellement mal aux bras que j'avais du mal à tenir un stylo. Mais c'était une vache de bonne soirée !

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08 décembre 2014

J'aime #1

Il y a un peu de poussière par ici. Tellement de toiles d'araignées que j'ai du réinitialiser mon mot de passe, impossible de m'en souvenir. Même si je n'ai jamais réussi à alimenter le blog de manière régulière, je ne pense pas avoir déjà fait une pause aussi longue. Peut être que si, je ne sais pas, il faudrait que je consulte les archives. Mais consulter de vieux textes qui ne me font même plus sourire ne m'enchante guère.

Je vais donc tenter de reprendre le fil des choses. Il s'est passé pas mal de trucs depuis octobre 2013. Le fait le plus marquant est que mon agence a fermé, et que ma boite me recase un peu n'importe où en France, selon les besoins. En ce moment, je suis dans le Sud, je bosse dans une agence qui me permet de rentrer à la maison tous les soirs, après quelques mois de déplacement et de nuits d'hôtel solitaire (ceux qui me suivent sur Face de Bouc se sont d'ailleurs délectés de quelques statuts particulièrement ciselés). Pour le reste, je vais vous le raconter petit à petit, ça fera l'occasion de quelques billets rigolos, j'ai quelques idées en tête.

Niveau style, on va tenter de retrouver un ton rigolo. Je ne promet rien, on verra. Les surnoms restent les même, je conserve aussi les initiales des gens, j'aime bien. Par contre, fini les textes longs et indigestes, place aux photos et aux images (j'ai failli dire "et aux textes courts", pis j'me suis rendue compte du pavé que je viens déjà de pondre, et qui est loin d'être fini). Je vais aussi tenter de remettre à jour l'habillage du blog, selon les possibilités de canalblog.

J'vous promet un article tous les dimanches pour commencer. Comme le disait mon ancien chef, les promesses n'engagent que ceux qui les croient ! Et pour commencer, une rubrique que j'ai piqué sur d'autres blog et qu'on va faire suivre au rythme d'un par mois.

J'aime, du mois de décembre:

1/ Le Gala de mon école, passage obligé de chaque début décembre depuis 2008 (ça nous rajeunit pas, tout ça), passage que j'apprécie d'autant plus maintenant qu'on est sortis. C'est une chouette parenthèse qui me ramène au temps où l'avenir était devant nous et où tout était possible (oui, je suis plutôt une fille pessimiste, on dirait pas comme ça). On reprend les discussions de l'année précédente comme si de rien était. Ma famille me présente le dernier ou la dernière arrivée. C'est la soirée de l'année où je me sens vraiment à l'aise avec ma robe et mes talons, parce que je suis en famille, justement, et que quoiqu'il advienne, ça ne peut que bien se passer.

2/ Le running, enfin la course à pied, quoi. Running, c'est le mot un peu classe, quand on dit course à pied, on imagine tout de suite un quinqua bedonnant suant dans un jogging moletonné. Non, papa, c'est pas de toi que je parle. Je m'y suis réellement mise en juillet, et ça a pas été de la tarte. Le mythe de la nana qui chausse ses basket (pardon, ses "running") pour la première fois et part courir une heure, je vous rassure, ça me concerne pas. Pour ma première sortie, j'ai couru 2km, j'ai cru que j'allais crever au bout du premier km, mais comme je peux pas faire une boucle à cause de la configuration toute pourrite de mon village, j'ai du refaire le trajet en sens inverse pour rentrer en crachant mes poumons et en me maudissant, moi et mes idées de merde. Maintenant, ça va mieux, j'aime bien en fait.

3/ Mon calendrier de l'avent. Oui, j'ai un calendrier de l'avent. Un calendrier de chez Dammann Frères, un sachet de thé par jour (oui, j'aime le thé).Alors, c'est pas toujours très heureux (j'ai pas un super souvenir du 2 décembre, un thé vert parfumé au fruit de la passion et à la mangue, beaucoup trop improbable pour être bon.Par contre, le 4 décembre, thé noir au coquelicot validé haut la main. Haut le mug, plutôt. Mais c'est un coup à s'ébouillanter). Par contre, mon calendrier est au bureau, c'est ma petite douceur de la journée dans ce monde de brute. Ca veut dire que je suis à la bourre dans mon calendrier de l'avent. Est-ce bien sérieux ?

4/ le bruit de la chattière. Quand le clapet claque, ça veut dire qu'une boule de poil de 4kg (oui, ce chat est gros) arrive pour quémander de l'affection. Alors oui, il va systématiquement voir l'Homme en me snobant allègremment. Et oui, s'il s'avère que l'Homme est absent, je me fais miauler dessus d'un air de reproche, le chat exprimant toute sa déception de ne pas trouver son pouf attitré et condescendant à me faire un câlin. Et oui, aussi, quand il a mangé, il se tire. C'est un chat, quoi, égoïste, autocentré, injuste et mignon.

5/ Cette photo, que j'ai pris au gala hier. Elle n'est pas cadrée, l'Homme se moque parce que je n'arrive pas à prendre la photo avec mon portable, j'ai la tête crispée de la fille qui sourit en essayant d'appuyer sur le déclencheur, mais on a l'air heureux, et c'est une des rare photos que j'ai de nous deux.

DSC_0453

A dimanche prochain ;)

Edit: j'ai regardé la courbe des stats, ça me fait bien plaisir que vous reveniez, même si mon absence a été longue.

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03 février 2014

Marions les, épisode 2

Vous l'attendiez tous avec une impatience non dissimulées (quand je serai grande, je serai animatrice de fête foraine), l'épisode 2 !

 

18 :40    Après 10 minutes de voiture dans un chemin au milieu des vignes, here we are ! Un mas provençal qui pourrait accueillir tout un village, paumé dans les vignes. Je suis épatée.

18 :43    Les garçons râlent : leurs chaussures noires sont toutes blanchies par les graviers. De l’avantage des chaussures nude.

18 :50    L’apéro a l’air servi.

18 :51    La photographe appelle tout le monde pour les photos. Ce moment gênant où elle dit « les invitéEs, photo avec le/la mariée » et où j’hésite à y aller.

18 :53    « Maintenant les filles, vous faites comme si vous vouliez déshabiller le marié ». WHAT ?

18 :54    Rester naturelle (aka « avoir l’air coincée ») ou passer en mode actors studio (aka « poussez-vous, je suis chaude comme une baraque à frite ») ? Ils montreront sûrement les photos à leurs enfants. Restons naturelle. Et au fond. Et courbée.

18 :55    « la grande au fond, vous êtes pas dans le champ ».

19 :30    L’apéro bat son plein. Les mariés vont de petits groupes en petits groupes et trinquent avec tout le monde. Ça sent la  cuite expresse.

19 :36    J’ai fait mon calcul, si on part vers 3h, je devrais pouvoir m’enfiler deux flûtes de champagne et un verre de vin.

19 :38    J’avais oublié que je ne tiens plus l’alcool. Je viens de faire une blague politiquement incorrecte à un copain de l’Homme. Au lieu d’être mort de rire, il a l’air vaguement gêné. Note : vérifier si le prêtre est convié au vin d’honneur avant de commencer une blague par « c’est un prêtre, un rabbin et un imam ».

19 :40    « La mariée va lancer son bouquet ». Me concernant, elle peut se le mettre où je pense que ça me ferait le même effet

19 :41    La grande au fond, zêtes pas mariée ? Avec les autres !  Joie.

19 :42    Si je reste suffisamment au fond, je reste loin du pugilat habituel.

19 :43    Regard en coin avec les autres filles. Elles pensent : « grognasse, c’est MON bouquet ». Je pense : « Pas de souci, si ça arrive vers moi, je recule ».

19 :45    Ce moment gênant où la fille qui a attrapé le bouquet regarde son amoureux, l’air mi sérieux mi rigolard, « On fait quoi maintenant ? ».

19 :46    Si un jour je me marie, je prendrais une bague de fiançailles en toc pour obliger le mec à demander la fille, là, tout de suite. Je suis immonde.

19 :50    Je prends les paris avec moi-même. L’animateur de la soirée passera t il la danse des canards ou fera t il tourner les serviettes ?

19 :51    Si c’est les sardines, JE ME CASSE.

20 :00    Je crois que quelqu’un vient de lâcher un « A LA BOUFFE », mais en plus classe.

20 :10    Entrée des mariés dans la salle à manger.

20 :15    Comment est-ce qu’on est passés de « les mariés rentrent dans la salle main dans la main, sur Get Lucky » à « Les mariés sont assis sur une chaise et les chaises sont tenues en l’air à bout de bras, façon rabbi jacob » ?

20 :16    Le marié a failli se manger le lustre

20 :30    On fait connaissance avec nos voisins de table. Ils ont l’air sympa. Dieu merci, on n’est pas avec tata huguette, 80 ans et le dentier en vadrouille ni avec Domina. Je me rends compte que j’ai perdu Domina de vue. Ça me rend triste.

21 :00    La conversation roule. La fille a côté de moi est visiblement très heureuse d’être mère, et essaie par tous les moyens de me convaincre de m’y mettre.

21 :01    Est-ce que je propose à l’Homme d’aller s’y mettre tout de suite ?

21 :02    Ce serait de mauvais goût, personne n’est encore bourré.

21 :08    Mais tu vas me lâcher la grappe avec tes histoires de stérilisateur ?

21 :09    Si elle me parle de tire lait, JE ME CASSE.

21 :30    Ma vessie se rappelle à moi. Pensée émue pour la mariée : comment est il possible de vider sa vessie avec une robe pesant manifestement une bonne dizaine de kilos et ayant une bonne vingtaine de jupons/jupe ? Si je me marie, ce sera tout le monde à poil.

21 :31    Peut-être pas tout le monde, non plus.

21 :32    Et puis merde, j’ai dit que je me marierai pas.

22 :00    Le diaporama avec les photos des mariés enfants/adolescents/à l’Ecole. Ce moment gênant où mamie voit une photo de son petit fils/ sa petite fille complètement torché-e-s en soirée.

22 :12    Les pères font leur discours.

22 :18    J’ai la nette impression que le père de la mariée est déjà pompette.

22 :20    MAIS JE M’EN FOUS QUE TU AIES DU MAL A TROUVER UNE PLACE EN CRECHE

22 :45    Premier set de danse. Ca guinche sévère pour le troisième âge !

22 :50    Bientôt le dessert, et la danse des canards n’est toujours pas passée. Serait-on sauvés ?

23 :13    On termine le dessert, l’Homme se ressert une flûte de champagne

23 :27    Oui, j’imagine qu’à la garderie, ils sont tous en train de dormir, oui.

23 :31    Je discute avec F. Quand F. est sobre, il parle aux gens à 10 cm d’eux. Quand F est bourré, on divise la distance par 2. Au début, ça surprend.

23 :36    Le témoin vient récupérer F. « Mais tu vas la laisser tranquille ? ». Ah. L’Homme se ressert une flûte de champagne.

00 :00    Le troisième âge a quitté la salle. Pas de danse des canards, de serviettes hystériques ou de boites trop pleines. Nous sommes en pleine ambiance SDB.

00 :30    Je regarde les gens danser, il est de notoriété publique que ce n’est pas vraiment mon truc, surtout quand ma robe me donne l’impression de donner plus de vue que je ne le souhaite. L’Homme se ressert une flûte de champagne. Je prends quelques notes sur le faire part en vue d’un éventuel billet de blog.

00 :45    Anticipation oblige : nous avons pensé à prendre un chèque pour mettre dans la boite, mais pas d’enveloppe. C’est déjà mieux qu’au mariage d’avant, où on a été sauvés par le fait que j’ai toujours un chèque vierge dans mon portefeuille.

00 :46    Au prochain mariage, il ne nous manquera que le stylo !

00 :48    La mariée nous ressert une coupe de champagne en disant « mais on s’en fout, vous êtes venus, c’est beaucoup trop cool ». Verdict : la mariée est bourrée.

01 :00    PRISONNIERS DANS LA VALLEE INFERNALE, LE HEROS S’APPELLE BOB MORAAAANE.

01 :15    L’Homme vient me chercher pour danser. Il a l’œil dans le vague et une coupe de champagne pleine.

01 :33    Le marié danse comme un playmobil sous LSD. C’est intéressant.

02 :26    Vérification : oui, mes chaussures ont encore déteint, mes pieds sont oranges. C’est un concept.

02 :28    L’Homme a une bouteille de champagne à la main.

02 :46    F. me prend la main et m’entraine dans un rock, même si la musique n’a aucun rapport. Je décide que tout le monde est suffisamment imbibé pour se concentrer sur autre chose qu’une éventuelle apparition de la lune.

02 :50    BUT HERE’S MY NUMBER, SO CALL ME MAYBE

02 :53    Il faut me laisser maintenant.

03 :55    JE VEUX JUSTE UN PETIT RICARD DANS UN VERRE A BALLONS

03 :56    HEY ! HEY !

03 :57    Comment ça, la mariée est en train de faire un paquito ?

03 :59    MOI, JE CONNAIS UNE VACHE QUI DRAGUE TOUS LES TAUREAUX

04 :00 Les serveurs ont rallumé les lumières et coupé la sono : c’est l’heure de partir.

04 :05    Visiblement, c’est pas l’avis de tout le monde

04 :06    Quelqu’un commence à chanter ( ?) le Connemara

04 :07    Je reprends tout le deuxième couplet en sautant avec tout le monde. Lueur de respect de la part des copains de l’Homme.

04 :08    TOU DOUDOU DOUDOU TOUDOUDOUDOUDOU DOUDOU DOUDOU

04 :10    ALEEEEEES, L’ENSTIMAAAAAAA

04 :11    Lueur d’incompréhension de la part des copains des mariés qui ne sont pas de l’Ecole. Mais ils sautent avec tout le monde, tout va bien.

04 :12    Une fête entre emayens, c’est un peu comme une fête chez les Dogons.

04 :30    « Et si on faisait des photos de groupe pour avoir un souvenir ». Bien sûr, tout le monde sait que prendre une photo en fin de soirée c’est toujours une excellente idée.

04 :45    La mariée fourre le reste de pièce montée dans les bras de l’Homme.

04 :50    Je récupère ceux que je dois ramener, je prend les clefs de la voiture, et en route.

04 :52    Comment on règle ce satané siège ?

04 :53    L’Homme entreprend de m’expliquer à quoi correspondent TOUS les boutons de sa voiture.

05 :10    « Et ça, c’est pour monter le son de l’autoradio »

05 :11    *Voix avinée n°1  remontant des tréfonds de la banquette arrière* « C’est quoi ce bordel ? »

05 :19    Je sors de l’autoroute

05 :20    *Voix avinée n°2  remontant des tréfonds de la banquette arrière* « Rétrograde »

05 :21    *Voix avinée n°2  remontant des tréfonds de la banquette arrière* « T’es en sur régime ». Y’en a un qui va finir à pieds.

05 :23    Arrêt au feu rouge. La vessie de l’Homme se rappelle à son bon souvenir. Décision collective d’aller se soulager dehors. Les hommes aiment les grands espaces.

05 :24    Ils ont vu un sanglier. « Eeeeeh, on va voir le sanglier ». J’hésite à repartir sans eux.

05 :28    Je range la voiture en bataille, en mode prêt à partir.

05 :29 * Voix avinée et émerveillée n°1 remontant des tréfonds de la banquette arrière* « Elle est merveilleuse ta copine, elle sait même faire une manoeuvre».

05 :45    Les garçons sont couchés, la pièce montée est en vrac dans le frigo, le caramel a coulé derrière le bac à légumes, je prends une douche. J’ai les pieds en compote et oranges, j’ai passé la soirée à remettre mes cheveux en place et à tirer sur ma jupe.

05 :46    Conclusion : c’était une vache de bonne journée !

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