Il y a eu un dimanche après Noël, la daube de la Reine Mère et une laborieuse digestion.

Il y a eu un dimanche après le jour de l'an, 8h de train, quelques livres et un peu d'ennui.

Et je m'étais fait la réflexion que le dimanche de la rentrée serait un timing impeccable pour venir vous raconter deux trois conneries. Je n'ai pas pu. Je me suis posée devant mon clavier, la semaine dernière, et les mots ne sont pas venus. Ca m'a semblé tellement vain et tellement futile. Je voulais vous raconter la crémaillère de mon copain A., à Bordeaux. Je voulais vous raconter Arcachon, la promenade en planche et les maisons au bord de l'eau. Je voudrais passer mes derniers jours dans une maison au bord de l'eau à Arcachon, à regarder la pluie tomber sur l'océan à travers mes fenêtres, une tasse de verveine à la main, enfouie sous un gros châle.

Et je me suis demandée pourquoi. Pourquoi je viens ici déverser des mots sans intérêts, parler de gens que personne ne connaît, de mon quotidien dont tout le monde se fout. Pourquoi écrire. Il y a rire, dans écrire, je ne crois pas que ce soit une coïncidence. La semaine dernière, les deux semblaient impossibles. Je me suis rappelée que ce blog, où finalement peu de gens viennent, c'est réellement mon journal. J'ai un vrai journal, un joli cahier vert, sur lequel j'écris de temps en temps les choses que je n'assumerai pas de voir ici (chéri, si tu le cherches, il est dans ma bibliothèque. Mais il n'y a rien de très intéressant), mais je suis bien trop attachée à avoir un blog. J'ai un blog depuis 2004. 11 ans. Je ne sais pas si je pourrais vivre sans.

La semaine prochaine, je vous ferai une fiche de lecture. Soit le dernier Bridget Jones, cadeau de Noël pour la Reine Mère, qui l'a terminé et me l'a filé. Oui, quoi ? J'ai une tête à osciller entre Jane Austen et Alexis de Tocqueville ? Eh non, je lis aussi, parfois, des romans un peu léger dans ce style. J'ai même lu les 50 nuances de l'autre con. Mais en anglais, pour me donner l'excuse de cultiver mon vocabulaire. Ca m'a pas trop plu. Personnellement, les tribulations d'un trafiquant d'armes maniaco dépressif, ça me branche pas des masses. Oui, je persiste et signe, M. Grey s'adonne à des trafics louches. J'ai des preuves. Il est multimilliardaire à moins de 30 ans. On ne parle jamais de ses affaires. Il a un staff de sécurité que Poutine doit lui envier. On ne parle que du fait qu'il a des salons d'esthétique et de ses oeuvres caritatives, cad le moyen le plus usité pour blanchir l'argent de la drogue. Donc, soit Bridget, soit une trilogie que la Reine Mère m'a offert à Noël. C'est méga glauque, ça se passe en Norvège, il y a un des personnages qui est croque mort, ça m'a foutu un cafard d'enfer. Bref, à lire absolument. Par l'auteur de "Je ferai de toi un homme heureux". Qui est méga glauque, se passe en Norvège, un personnage est représentant de commerce et m'a foutu un cafard d'enfer. A lire absolument, aussi. On néglige, je crois, beaucoup trop les auteurs scandinaves.

Bisoux.