Depuis 1 an ½, j’ai troqué mes jeans et mes baskets d’étudiants contre un jean et des baskets de jeune cadre dynamique (l’avantage de bosser dans le btp, c’est que personne n’attend de vous que vous veniez en tailleur/stilettos)(enfin, je trouve que c’est un avantage. Les goûts, les couleurs, tout ça…)(Et puis de toute façon, faut que je fasse un choix: mettre des chaussures à talon ou passer sous les chambranles de portes). J’ai réussi à apprivoiser pas mal de choses, comme boire des litres de café tous les jours, emménager avec l’Homme et me tourner et me retourner le soir dans mon lit sans le réveiller (rapport aux litres de café suscités). Néanmoins, il reste quelques petites choses avec lesquelles j’ai toujours du mal. Petit aperçu non exhaustif.

 

Les vacances scolaires.

Il y a encore quelques années, j’étais comme tout le monde soumise à ce bienveillant calendrier de l’éducation nationale qui m’octroyait 1 à 2 semaines de congés toutes les 6 semaines. Ou quelque chose comme ça. Maintenant que je suis « jeune embauchée » , j’ai la chance de m’assoir avec joie sur mes congés, puisque je ne les ai pas encore cotisés. Il n’empêche que je conserve une certaine vie sociale et qu’il m’arrive de planifier des week end à l’autre bout de la France. Forcément, ce qui doit arriver arrive. Entre les vacances d’hiver qui terminent en avril, les vacances de printemps qui durent jusqu’au mois de juin et les vacances d’été, je cale systématiquement mes voyages sur les vacances scolaires. Comme si mon horloge biologique était restée coincée en mode étudiant.

A moi la joie des terminaux d’aéroports blindés, des wagons de trains remplis d’enfants qui beuglent et les autoroutes surchargés.

 

Remplacer « au pied levé »

Si votre humble serviteur est encore nullipare, ce n’est pas le cas de la plupart de ses collègues. Là où je pars un week-end, d’autres prennent 3, voire 4 semaines, pendant ces fameux congés scolaires. Etant assurée de rester au bureau quelle que soit la période de l’année, je suis donc désignée volontaire pour assurer l’intérim au pied levé. Nota: remplacer « au pied levé », ça veut dire « fais comme tu peux, on rattrapera ça plus tard ». Mon grand copain Murphy étant toujours au rendez-vous, c’est lorsque mes collègues ne sont pas là que :

a/ il pleut des sauterelles

b/ l’entrepreneur ne vient pas parce qu’il a poney

c/ il neige

d/ Obi Wan Kenobi

e/ l’entrepreneur ne vient pas parce qu’il est tombé de poney

f/ toutes les réponses précédentes.

Heureusement, je suis passée maître en ouverture de chakras.

 

Les réunions

Avant, je pensais qu’une réunion était quelque chose de constructif, un moment d’échange où tout le monde s’écoute et où l’on prend des décisions en concertations. Mais ça, c’était avant, quand j’étais encore une bisounours. Maintenant, je sais qu’une réunion, c’est un moment où tout le monde voudrait être n’importe où sauf ici, où personne n’échange de manière constructive, et où il est courant que quelqu’un se réveille et reprenne le débat sur un point clos une bonne demi heure auparavant. Alors oui, oui, bien sûr, vous allez m’opposer le fait que dans une réunion, il faut un animateur doté d’un minimum de leadership pour encadrer tout ça et que en plus, c’est un peu mon rôle. Oui. Tout à fait. Vous avez déjà réussi à arrêter au vol 5 personnes parlant du string ficelle de la coordonnatrice environnement, avec des étoiles dans les yeux ? Moi toujours pas.

 

Mes parents.

Je pense que pour mes parents, mon métier consiste globalement à manger des cookies en lisant Picsou magasine. Il doit être dur de savoir que son enfant a plongé dans le dur monde du travail. S’ils devaient résumer mon boulot, je pense qu’on s’acheminerait vers ça.

Il faut dire que la première fois que j’ai fait un stage dans mon futur milieu professionnel, j’ai appelé ma mère un soir pour dire que j’étais pas morte et donner des nouvelles, et j’ai lâché quelque chose comme « aujourd’hui je suis montée à 10m sur une nacelle positive pour examiner l’intrados d’un tablier de pont ». Le silence qui a suivi m’a fait comprendre une chose : ne JAMAIS raconter ce genre de choses à sa mère. Je me contente désormais de vagues informations sur les conneries insensées que les gens avec qui je travaille arrivent à inventer, et ce avec un génie sans cesse renouvelé.

 

Mais sinon, le monde du travail, c’est génial ! >_<