Premier constat, ça sent bon (chez la Reine Mère aussi, hein, maman si tu passes par là c'est toi qui cuisine le mieux. Sauf quand tu fais de l'aligot liquide, mais c'est pas le sujet d'aujourd'hui). Deuxième constat, comment arriver à avoir faim alors qu'on sort du petit déjeuner ?

On fait le tour de tout le monde pour dire bonjour. On s'assure que tout le monde va bien. Je me fais la réflexion que la Blonde et la Brune sont toujours sublimes, je me sens toujours un peu moche à coté d'elles. Mon Neveu a l'air en forme. Il gratifie parfois l'Homme d'un tonitruant "TONTON". La première fois, ça fait tout drôle (je crois que c'est ce jour là que j'ai compris que devais le considérer comme un neveu).  Je réclame un bisou à Crapouille 1,  qui me laissera une trainée baveuse sur la joue. Je regarde Crapouille 2 de loin. J'ai toujours peur de casser les bébés, ça me semble plus prudent de ne pas m'approcher.


(beau)²papa débouche une bouteille de vin. Numéro 1 déclarera à la cantonnade qu'il est dégueulasse. Vexation. Parfois, belle maman dégaine un truc improbable pour l'apéro (dimanche dernier, la poutargue. J'ai cru que Numéro 1 vomissait sur mes chaussures. C'aurait été dommage, elles sont neuves). Les gamins se ruent sur les olives comme la misère sur le monde. Parfois, les olives sont à l'ail. Le neveu la repose alors délicatement dans le bol après avoir gouté. Les enfants sont fabuleux. A la fin de l'apéro, j'ai déjà les dents du fond qui baigne.

On passe à table. Je demande régulièrement s'il y a un plan de table. Réponse: "débrouillez vous". Bon. Les enfants décident de qui doit être assis à coté d'eux. Je ne fais jamais parti de la sélection. Ces enfants sont intelligents. L'entrée arrive, les verres sont remplis à ras bord. La Blonde et la Brune ont trouvé un rythme de croisière pour descendre les leurs. Ca papote avec une grande complicité, couches et biberon, boulot et épilation (en fait non, jamais épilation, mais ça rime avec biberon). Le Designer cause avec (beau)²papa, je ne sais pas de quoi. L'Homme et le Hispter discutent parpaings et reprises rejingot.  Quand elle n'est pas en cuisine, belle maman discute avec Numéro 1. Je m'incruste dans à peu près toutes les conversations.  L'Homme essaie de me resservir de l'entrée. Je contre. (beau)²papa remplit mon verre.

Le plat de résistance arrive. Quand je dis "de résistance", je pèse mes mots. Il y a  de quoi soutenir un siège. Belle maman a visiblement passé la matinée en cuisine. La Brune évoque le fait d'arrêter définitivement de manger. Le Hipster ne dit rien, mais se sert copieusement. Les enfants ont disparu, il plane du coté de leur salle de jeu l'inquiétant silence annonciateur de connerie (un jour, la Reine Mère a eu cette phrase: "les enfants, quand ils pleurent, c'est que ça va. C'est quand tu les entends plus qu'il faut s'inquiéter"). La Blonde dit que c'est très bon, le Designer acquiesce. L'Homme essaie de me resservir du plat. Je contre. Il insiste. Je cède.  Numéro 1 et moi discutons joyeusement tandis que j'écluse mon énième verre de vin.

Arrivée du fromage et de la salade. Plus personne n'a faim. Mais ça a l'air tellement bon. Alors tout le monde se sert. Au fond, on entend du bruit et des pleurs. Neveu et Crapouille 1 ont bien fait une connerie. Les parents vont arbitrer et décider de qui a le droit de pleurer. L'un des petits part à la sieste sans discussions.  Début de conversation avec la Brune (j'aime bien discuter avec la Brune. Je ne dis pas ça uniquement parce qu'elle me lit. Je les aime bien,elle et le Hipster. Ils ont l'air à la fois totalement perchés mais totalement pragmatiques. Si j'ai des  mômes, je crois que j'aimerais bien gérer ça comme eux). Nous descendont nos verres de vins. Je me dis que c'est une bonne idée de laisser conduire l'Homme, au moins je pourrais dormir.

Il est presque 16h. Belle maman amène le dessert. Numéro 1 râle parce qu'il a encore trop mangé. Je regarde la chose dans mon assiette avec appréhension.Je me demande comme je vais réussir à avaler ça. C'est la débandade. Le Hipster et et son père sont partis jouer de la musique quelque part. La Blonde et le Designer sont toujours à table. La Brune s'occupe de Crapouille 2. Belle maman engage la conversation avec moi.  Je répond assez vaguement. J'aide à débarasser. Je lance un regard bovin vers l'Homme, en mode "il est 17h, on sort de table et ça serait bien de rentrer chez nous, tu crois pas ?".

Tout le monde est dans le salon et digère laborieusement. Le petit qui a été envoyé à la sieste à le droit de revenir. Les deux en profitent pour courir partout. Belle maman lance un jeu avec eux. Je somnole tranquillement sur le canapé en écoutant les conversations. Belle maman propose une tisane que tout le monde refuse. C'est un moment douillet.

Et puis c'est le moment du départ. Chacun repart avec suffisamment de tupperware pour tenir une bonne semaine. Je m'endors avant d'arriver à l'autoroute. L'Homme, stoïque, nous ramène à la maison. Je me prend à me demander comment ça sera, dans 10 ans, quand le Neveu et les Crapouilles auront grandi et que les machins qui courent partout seront les mini nous.